Dermatite atopique

Définition : L’atopie est une dermatose fréquente : environs 5 % des chiens en sont atteints. Il s’agit d’une tendance héréditaire à synthétiser des Immunoglobulines E (Ig E) en excès vis-à-vis d’allergènes de l’environnement introduit par voie respiratoire et transcutanée, à l’origine de symptômes spécifiques.

Déterminisme génétique : Prédispositions raciales. L’atopie est sûrement héréditaire, mais le déterminisme génétique est inconnu.

Examen clinique : Les signes cliniques surviennent en général entre 6 mois et 3 ans (mais des cas ont été rapportés sur des animaux de 12 semaines et de 16 ans) et se caractérisent par un prurit variable au cours de l’année, un érythème et des lésions secondaires (hyperpigmentation, lichénification) des espaces interdigités, des oreilles, sur le ventre, au niveau du périnée, des espaces axillaires et sur la face (surtout autour des yeux, parfois le long des lèvres). Les lésions secondaires au grattage, au léchage et au mordillement ne sont pas rares : excoriations, croûtes, alopécie.

Une surinfection secondaire par Malassezia pachydermatis ou Staphylococcus intermedius est fréquente : papules érythémateuses, puis pustules ou croûtes ou zones alopéciées bordées de squames. Une otite externe érythémateuse et cérumineuse est souvent associée (dans 55 % des cas). On peut également observer des papules interdigitées rapidement remaniées en formations kystiques qui fistulisent.

Les symptômes peuvent être d’abord saisonniers, si une sensibilisation aux pollens existe, mais le plus souvent ils sont permanents, par sensibilisation aux acariens de la poussière de maison.

Diagnostic : L’anamnèse et les signes cliniques permettent un diagnostic de présomption.

On définit des critères majeurs et il en faut au moins trois pour affirmer le diagnostic : prurit cortico-sensible, pododermatite bilatérale, otite bilatérale, chélite et début d’apparition entre 6 mois et 3 ans. Les critères mineurs permettent de suspecter l’atopie : dermatite récidivante, pelage terne, aggravation saisonnière, hyperhydrose, race,…

Les tests cutanés intradermiques permettent d’obtenir des résultats positifs en concordance avec l’anamnèse dans environ 85 % des cas.

Les tests sérologiques permettent de mettre en évidence une augmentation des taux d’IgE spécifiques d’allergènes.

Pronostic : Le pronostic est variable selon l’étendu des lésions et le contrôle des lésions de surinfection. La désensibilisation ne marche pas pour toutes les races et un traitement régulier tout au long de la vie du chien est possible.

Diagnostic différentiel : Dermatite par hypersensibilité aux piqûres de puces, gale sarcoptique, intolérance alimentaire, dermatite à Malassezia, pyodermite superficielle, Cheyletiellose, phtiriose, dermatite de contact.

Prophylaxie : L’affection étant sûrement héréditaire, il serait préférable de ne pas faire reproduire les animaux atteints, surtout lors de forme sévère avec lésions généralisées.