Démodécie

Définition : La démodécie est une ectoparasitose fréquente, due à la présence d’un grand nombre d’acariens du genre Demodex dans la peau (follicules pileux surtout, glandes sébacées et sudoripares apocrines parfois). Demodex canis est le plus souvent responsable. La transmission des acariens de la mère aux chiots a lieu dans les premières heures de vie. Il s’agit d’un acarien commensal de la peau du chien et il se trouve souvent en petit nombre chez les chiens sains.

Déterminisme génétique : Les facteurs prédisposant intrinsèques sont principalement la race, l’âge et surtout l’hérédité. Il y aurait en effet transmission héréditaire d’une immunodéficience spécifique des lymphocytes T vis-à-vis de Demodex, à l’origine de leur multiplication. Cette transmission se ferait sur un mode autosomique récessif. Les facteurs extrinsèques sont l’hygiène de la peau, l’existence de désordres alimentaires ou un traitement immunodépresseur.

Examen clinique :

– Démodécie localisée : c’est la plus fréquente chez le jeune chiot de 3 à 11 mois. La forme nummulaire se caractérise par l’apparition de zones alopéciques (à « l’emporte pièce ») d’un diamètre compris entre 1 et 5 cm avec des squames ou un érythème. On observe fréquemment des manchons pilaires qui viennent agglutiner les poils. Le prurit est absent. Ces lésions sont en général localisées au niveau de la face, autour des yeux : lunettes démodéciques et en zone péribuccale. 90 % des cas ont une guérison spontanée. La forme diffuse ou multifocale se rencontrent dans certaines races (Bobtail, Boxer et Doberman). Les lésions sont plus extensives et elles sont caractérisées par un érythème, des comédons, une séborrhée, un fin squamosis et parfois une hyperpigmentation secondaire.

– Démodécie généralisée : Elle apparaît à la suite de l’extension d’une forme localisée. Les signes cliniques sont très variables : zones étendues d’alopécie avec érythème, état kératoséborrhéique, pustules, papules, croûtes et ulcérations. Une furonculose survient après rupture des sacs folliculaires, une hyperkératose folliculaire est présente (comédons). Un prurit peut être observé et les surinfections bactériennes (pyodermite) sont fréquentes (Staphylocoques, Pseudomonas, Proteus). On note une atteinte de l’état général du chien : abattement, anorexie, léthargie, fièvre. L’animal peut décéder. Des lésions de pododermatite avec oedème podal et nodules ulcérés peuvent être rencontrés et sont graves.

Diagnostic : Il est en général facile. Il se réalise par la mise en évidence d’adultes, de formes immatures ou d’oeufs sur des raclages profonds multiples jusqu’à la rosée sanguine (il faut presser la peau avant de racler afin de faciliter l’expulsion des acariens hors des follicules pileux). Il est nécessaire d’en observer un grand nombre. Lorsque la dermatose est chronique ou qu’elle se localise sur des sites difficiles à racler, il est préférable de réaliser une biopsie cutanée.

Pronostic : Il est bon lors de démodécie localisée ou de démodécie sèche, bien que cela dépende de l’extension et de la gravité des lésions. Le pronostic est réservé lors de pyodémodécie.

Diagnostic différentiel : Dermatophytose, alopécie des robes diluées, adénite sébacée, pyodermite superficielle et profonde, cellulite juvénile, dermatose répondant au zinc, alopécie post-injection, alopecia areata, infection fongique profonde, pemphigus foliacé, mycosis fongoïde, toxidermie.

Prophylaxie : Une composante génétique étant probable, il est recommandé de ne pas faire reproduire les chiens atteints de démodécie généralisée.